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L'oiseau blanc conte bleu   By: (1713-1784)

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[Extrait des OEuvres complètes de Diderot, éditées par Jules Assézat, tome quatrième, Paris, Garnier Frères, 1875.]

L'OISEAU BLANC

CONTE BLEU

(Écrit vers 1748. Publié en 1798.)

Ce conte est de la même époque que les Bijoux indiscrets . Les mêmes personnages s'y retrouvent, mais la licence y est beaucoup moindre. Il resta inconnu jusqu'à la publication qu'en fit Naigeon dans son édition des OEuvres de Diderot en 1798. C'était lui que cherchait M. Berrier, le lieutenant de police, quand Mme Diderot lui répondit qu'elle ne connaissait de son mari «ni pigeon noir, ni pigeon blanc,» et que d'ailleurs elle ne le croyait pas capable d'attaquer le roi, comme on l'en accusait à l'occasion de ce conte. On jugera si la femme du philosophe avait raison. Pour nous, il ne nous paraît y avoir là, comme dans les Bijoux , que des rapprochements trop vagues entre Mangogul et Louis XV, pour permettre de soutenir une opinion qui rendrait criminels tous les romans du XVIIIe siècle aussi bien que toutes les féeries du XIXe. Il faut toujours qu'il arrive un moment, dans l'histoire des peuples, où, la civilisation se répandant, le principe d'autorité se montre sous son vrai jour. On s'aperçoit alors que les rois sont des hommes, et quand une fois tout le monde le sait, les écrivains qui le disent, ne faisant plus que broder un lieu commun, n'ont ni mérite ni démérite: ils n'ont qu'un peu plus ou un peu moins d'esprit.

Nous pensons n'avoir pas besoin d'expliquer au lecteur l'allégorie de l'Oiseau blanc ; ils l'apercevront, sans aucun doute, avant la Sultane.

L'OISEAU BLANC

CONTE BLEU

PREMIÈRE SOIRÉE.

La favorite se couchait de bonne heure et s'endormait fort tard. Pour hâter le moment de son sommeil, on lui chatouillait la plante des pieds et on lui faisait des contes; et pour ménager l'imagination et la poitrine des conteurs, cette fonction était partagée entre quatre personnes, deux émirs et deux femmes. Ces quatre improvisateurs poursuivaient successivement le même récit aux ordres de la favorite. Sa tête était mollement posée sur son oreiller, ses membres étendus dans son lit et ses pieds confiés à sa chatouilleuse, lorsqu'elle dit: «Commencez;» et ce fut la première de ses femmes qui débuta par ce qui suit.

LA PREMIÈRE FEMME.

Ah! ma soeur, le bel oiseau! Quoi! vous ne le voyez pas entre les deux branches de ce palmier passer son bec entre ses plumes et parer ses ailes et sa queue? Approchons doucement; peut être qu'en l'appelant il viendra; car il a l'air apprivoisé, «Oiseau mon coeur, oiseau mon petit roi, venez, ne craignez rien; vous êtes trop beau pour qu'on vous fasse du mal. Venez; une cage charmante vous attend; ou si vous préférez la liberté, vous serez libre.»

L'oiseau était trop galant pour se refuser aux agaceries de deux jeunes et jolies personnes. Il prit son vol et descendit légèrement sur le sein de celle qui l'avait appelé. Agariste, c'était son nom, lui passant sur la tête une main qu'elle laissait glisser le long de ses ailes, disait à sa compagne: «Ah! ma soeur, qu'il est charmant! Que son plumage est doux! qu'il est lisse et poli! Mais il a le bec et les pattes couleur de rose et les yeux d'un noir admirable!»

LA SULTANE.

Quelles étaient ces deux femmes?

LA PREMIÈRE FEMME.

Deux de ces vierges que les Chinois renferment dans des cloîtres.

LA SULTANE.

Je ne croyais pas qu'il y eût des couvents à la Chine.

LA PREMIÈRE FEMME.

Ni moi non plus. Ces vierges couraient un grand péril à cesser de l'être sans permission. S'il arrivait à quelqu'une de se conduire maladroitement, on la jetait pour le reste de sa vie dans une caverne obscure, où elle était abandonnée à des génies souterrains. Il n'y avait qu'un moyen d'échapper à ce supplice, c'était de contrefaire la folle ou de l'être. Alors les Chinois qui, comme nous et les Musulmans, ont un respect infini pour les fous, les exposaient à la vénération des peuples sur un lit en baldaquin, et, dans les grandes fêtes, les promenaient dans les rues au son de petites clochettes et de je ne sais quels tambourins à la mode, dont on m'a dit que le son était fort harmonieux... Continue reading book >>




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