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La Recluse   By: (1817-1895)

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Pierre Zaccone

LA RECLUSE

(1882)

Table des matières

PROLOGUE

PREMIÈRE PARTIE

I II III IV V VI VII VIII IX X XI XII XIII XIV XV XVI XVII XVIII XIX XX

DEUXIÈME PARTIE UN DRAME AU COUVENT

I II III IV V VI VII VIII IX X XI XIII XIV XV

PROLOGUE

Le 25 mars 1851, un charmant aviso gréé en goélette quittait New York, vers cinq heures de l'après midi, et, poussé par une brise favorable, prenait la mer, toutes voiles dehors.

C'était l'Atalante , un des plus fins, voiliers de la marine.

La petite goélette faisait partie d'une escadre d'exploration qui, évoluait sur les côtes d'Amérique; elle avait reçu pour mission d'aller prendre à New York les dépêches de France, et, après avoir mouillé quelques jours en vue du port, elle repartait, alerte et vive, pour rallier l'escadre et lui apporter les correspondances attendues.

Le temps était superbe, l'horizon très pur, quoique la brise fût un peu forte, l'Atalante n'avait pas diminué de toile.

Aussi filait elle, coquettement inclinée sur tribord, et laissant derrière elle un long sillage d'écume auquel les rayons du soleil couchant imprimaient comme un reflet de pourpre.

Presque tous les matelots étaient montés sur le pont et le commandant lui même venait de s'accouder aux bastingages pour embrasser d'un dernier regard le vaste panorama de New York, qui allait tout à l'heure sombrer et disparaître dans les flots d'or de l'horizon.

Cela dura une heure à peu près, au bout de laquelle les premières brumes du soir commencèrent à flotter dans l'air, pendant que la brise se mettait à mollir.

L'Atalante se redressa aussitôt, et ne tarda pas à re prendre une allure plus calme.

Le jeune lieutenant de vaisseau qui la commandait était un des officiers les plus distingué des ports de Brest et de Toulon. En peu d'années, son intelligence, son courage, son sang froid avaient appelé sur lui l'attention de ses chefs et les vives sympathies de ses camarades. Il avait vingt huit ans à peine et s'appelait Gaston de Pradelle: ses traits gardaient la vigoureuse empreinte du hâle de la mer, mais l'expression un peu rude de sa physionomie était tempérée par l'extrême douceur de deux yeux mélancoliques et noirs.

Pour ceux qui ne voyaient que la surface, Gaston de Pradelle était le favori de la fortune! partant, le plus heureux des hommes.

Mais pour les autres, il y avait comme un inconnu chez ce grand jeune homme, souvent taciturne, dont la lèvre s'égayait rarement d'un sourire et qui portait sur son front l'ombre de quelque amer souvenir.

Cependant Gaston de Pradelle était descendu dans sa chambre, et après avoir donné ses dernières instructions à son second, il s'était jeté sur sa couchette et s'était livré au sommeil.

Combien d'heures s'écoulèrent dès lors, jusqu'au moment où il se réveilla? Il ne chercha même pas à s'en rendre compte.

Tout ce qu'il se rappela plus tard, c'est qu'il fut brusquement arraché au sommeil par un effroyable craquement qui sembla ouvrir la pauvre goélette jusque dans ses oeuvres vives, et qu'une secousse suivit immédiatement, qui coucha l'Atalante sur le flanc, à la faire chavirer.

Que se passait il?

Jusque là, il n'avait rien entendu. Comment la tempête avait elle pu se déchaîner avec tant de violence et en si peu de temps? C'était à n'y rien comprendre.

Il se précipita vers le pont, à tâtons, au risque de se briser le crâne.

Le vent soufflait de l'arrière et la mer, venant de travers, occasionnait un roulis épouvantable; de plus, les lames, embarquant à chaque instant par paquets, avaient fini par éteindre les fanaux.

C'était la nuit sombre, impénétrable, sinistre.

À grand'peine, Gaston de Pradelle atteignit le pont.

Est ce vous, commandant? demanda alors une voix qu'il distingua à travers les bruits de la tempête.

C'était celle de son second, un jeune enseigne, Maxime de Palonier.

C'est moi, oui, répondit Gaston, qu'y a t il?

Un cyclone un typhon quel nom donner à cet ouragan, répondit Maxime; jamais encore je n'ai rien vu de pareil... Continue reading book >>




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