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Le Négrier, Vol. IV Aventures de mer   By: (1793-1875)

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LE NÉGRIER

AVENTURES DE MER.

PAR

ÉDOUARD CORBIÈRE DE BREST.

DEUXIÈME ÉDITION

VOLUME IV

PARIS, A. J. DÉNAIN ET DELAMARE, ÉDITEURS DE L'HISTOIRE DE L'EXPÉDITION FRANÇAISE EN ÉGYPTE 16. RUE VIVIENNE.

1854

13.

DÉVOUEMENT DE ROSALIE.

La fièvre jaune. Soins de Rosalie. Commerce. Chute du gouvernement impérial.

Mon affaissement moral, le dégoût de la vie, des nuits sans sommeil et des jours accablans allumèrent bientôt; dans mon sang irrité cette affreuse maladie que les affections de l'âme tendent surtout à développer dans ces climats funeste.

Je vis arriver la fièvre jaune sans effroi. A la nouvelle de mon indisposition, le médecin qui avait donné ses soins à Ivon accourut près de moi, malgré le nombre excessif des malades entre lesquels il se partageait.

Eh bien! qu'avons nous donc, Léonard? Est ce que nous aurions envie d'être malade?

Docteur, je crois que me voilà pris à mon tour.

Voyons votre pouls.... Vous vous sentez des douleurs aux reins, un grand mai de tête, une débilité générale?

Oui, je me sens tout cela, et je m'en moque.

Et vous avez raison; car votre état n'a rien de bien inquiétant encore, et c'est déjà fort bon signe que vous ne vous en alarmiez pas.

M'alarmer! et pourquoi, s'il vous plaît? Ne faut il pas mourir tôt ou tard? J'avais bien quelques petits projets en tête: des courses, des aventures à chercher, des mers à battre par ci par là; mais, s'il faut renoncer à toutes ces belles idées, mon parti sera bientôt pris, allez! Emparez vous de mon individu, je vous l'abandonne. Taillez le, saignez le, couvrez le d'emplâtres et de sangsues, si bon vous semble cela ne me regarde plus. Bien portant, je suis tout à moi; malade, je vous appartiens.

Je me couchai. Des mulâtresses du voisinage entourèrent aussitôt mon lit, et commencèrent par me frotter, de la tête aux pieds, avec des citrons macérés. Dans la nuit, je perdis l'usage de ma raison.

Trois ou quatre jours se passèrent sans que je pusse recouvrer un seul moment lucide. Mes yeux, à travers le nuage qui les fatiguait, voyaient bien des femmes, un homme noir errer autour de moi; mais tous les objets me paraissaient renversés, et je ne les apercevais que comme ces fantômes que J'imagination effrayée se crée dans un songe pénible. Les souvenirs qui m'étaient le plus chers se reproduisaient quelquefois à mon esprit, dans ces momens d'exaltation cérébrale. Je nommais, je voyais mon frère, ma mère, Ivon et Rosalie: quelquefois il me semblait leur parler, les entendre, et sentir ma bouche desséchée se contracter sous celle de la seule femme que j'eusse aimée. Ma main fébrile cherchait la sienne pour se reposer, et quand je croyais l'avoir saisie, je me trouvais plus tranquille; alors je me figurais entendre, j'entendais même la voix de mon amie, cette voix si douce qui tant de fois avait porté le calme dans mon coeur et l'ivresse dans mes sens captivés.... Comme ces illusions du délire allégeaient mes souffrances! Je me rappelle encore combien, dans ces paroxysmes brûlans dont j'ai gardé le souvenir, comme on conserve l'impression d'un rêve, ces chimères de mon imagination me procuraient de soulagement jusque dans l'excès des douleurs les plus poignantes.

Une nuit, vers l'heure où l'approche du matin rend l'air moins suffocant dans l'atmosphère chaude et humide de l'hivernage, je me réveillai après avoir goûté pour la première fois quelques instans de sommeil. Il me sembla avoir recouvré l'usage de mes sens affaiblis et égarés par mes longues douleurs... Continue reading book >>




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