Books Should Be Free is now
Loyal Books
Free Public Domain Audiobooks & eBook Downloads
Search by: Title, Author or Keyword

Le meunier d'Angibault   By: (1804-1876)

Book cover

First Page:

George Sand

[Illustration]

LE MEUNIER D'ANGIBAULT

NOTICE

Ce roman est, comme tant d'autres, le résultat d'une promenade, d'une rencontre, d'un jour de loisir, d'une heure de far niente . Tous ceux qui ont écrit, bien ou mal, des ouvrages d'imagination ou même de science, savent que la vision des choses intellectuelles part souvent de celle des choses matérielles. La pomme qui tombe de l'arbre fait découvrir à Newton une des grandes lois de l'univers. A plus forte raison le plan d'un roman peut il naître de la rencontre d'un fait ou d'un objet quelconque. Dans les oeuvres du génie scientifique, c'est la réflexion qui tire du fait même la raison des choses. Dans les plus humbles fantaisies de l'art, c'est la rêverie qui habille et complète ce fait isolé. La richesse ou la pauvreté de l'oeuvre n'y fait rien. Le procédé de l'esprit est le même pour tous.

Or, il y a dans notre vallée un joli moulin qu'on appelle Angibault, dont je ne connais pas le meunier, mais dont j'ai connu le propriétaire. C'était un vieux monsieur, qui, depuis sa liaison à Paris avec M. de Robespierre (il l'appelait toujours ainsi), avait laissé croître autour de ses écluses tout ce qui avait voulu pousser: l'aune et la ronce, le chêne et le roseau. La rivière, abandonnée à son caprice, s'était creusé, dans le sable et dans l'herbe, un réseau de petits torrents qu'aux jours d'été, dans les eaux basses, les plantes fontinales couvraient de leurs touffes vigoureuses. Mais le vieux monsieur est mort; la cognée a fait sa besogne; il y avait bien des fagots à tailler, bien des planches à scier dans cette forêt vierge en miniature. Il y reste encore quelques beaux arbres, des eaux courantes, un petit bassin assez frais, et quelques buissons de ces ronces gigantesques qui sont les lianes de nos climats. Mais ce coin de paradis sauvage que mes enfants et moi avions découvert en 1844, avec des cris de surprise et de joie, n'est plus qu'un joli endroit comme tant d'autres.

Le château de Blanchemont avec son paysage, sa garenne et sa ferme, existe tel que je l'ai fidèlement dépeint; seulement il s'appelle autrement, et les Bricolin sont des types fictifs. La folle qui joue un rôle dans cette histoire, m'est apparue ailleurs: c'était aussi une folle par amour. Elle fit une si pénible impression sur mes compagnons de voyage et sur moi, que malgré vingt lieues de pays que nous avions faites pour explorer les ruines d'une magnifique abbaye de la renaissance, nous ne pûmes y rester plus d'une heure. Cette malheureuse avait adopté ce lieu mélancolique pour sa promenade machinale, constante, éternelle. La fièvre avait brûlé l'herbe sous ses pieds obstinés, la fièvre du désespoir!

GEORGE SAND.

Nohant, 5 septembre 1852.

A SOLANGE .

Mon enfant, cherchons ensemble.

PREMIERE JOURNÉE.

I.

INTRODUCTION.

Une heure du matin sonnait à Saint Thomas d'Aquin, lorsqu'une forme noire, petite et rapide, se glissa le long du grand mur ombragé d'un de ces beaux jardins qu'on trouve encore à Paris sur la rive gauche de la Seine, et qui ont tant de prix au milieu d'une capitale. La nuit était chaude et sereine. Les daturas en fleurs exhalaient de suaves parfums, et se dressaient comme de grands spectres blancs sous le regard brillant de la pleine lune. Le style du large perron de l'hôtel de Blanchemont avait encore un vieux air de splendeur, et le jardin vaste et bien entretenu rehaussait l'opulence apparente de cette demeure silencieuse, où pas une lumière ne brillait aux fenêtres.

Cette circonstance d'un superbe clair de lune, donnait bien quelque inquiétude à la jeune femme en deuil qui se dirigeait, en suivant l'allée la plus sombre, vers une petite porte située à l'extrémité du mur. Mais elle n'y allait pas moins avec résolution, car ce n'était pas la première fois qu'elle risquait sa réputation pour un amour pur et désormais légitime; elle était veuve depuis un mois.

Elle profita du rempart que lui faisait un massif d'acacias pour arriver sans bruit jusqu'à la petite porte de dégagement qui donnait sur une rue étroite et peu fréquentée... Continue reading book >>




eBook Downloads
ePUB eBook
• iBooks for iPhone and iPad
• Nook
• Sony Reader
Kindle eBook
• Mobi file format for Kindle
Read eBook
• Load eBook in browser
Text File eBook
• Computers
• Windows
• Mac

Review this book



Popular Genres
More Genres
Languages
Paid Books