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Morphine   By: (1853-1902)

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DUBUT DE LAFOREST

MORPHINE

PARIS E. DENTU, ÉDITEUR

1891

AU PROFESSEUR CESARE LOMBROSO,

A l'illustre auteur de l'Uomo delinquente et de Genio e Follia .

Au maître qui m'a donné la plus grande fortune que puisse souhaiter un écrivain, en commentant mes livres dans ses admirables leçons sur l'anthropologie criminelle,

Je dédie ce roman.

DUBUT DE LAFOREST.

I

Une nuit de novembre 1889. Au café de la Paix, dans l'une des petites salles chaudes et moelleuses dont les portes ouvrent sur la place de l'Opéra, la pendule marquait onze heures, lorsque Jean de Fayolle posa le dé de la victoire, en disant: «Domino!»

Fayolle, capitaine du 15e cuirassiers, un jeune et vert gaillard, moustachu de roux, occupait un coin de la banquette de rouge velours, et à sa droite et devant lui se tenaient ses deux adversaires: le major Edgard Lapouge, grand blondin, aux blondeurs flavescentes, avec de gros yeux bleus très expressifs, derrière un binocle d'or; Arnould Castellier, directeur de la Revue militaire , une ancienne et honorable culotte de peau, vieille tête blanchie dans les grades inférieurs, toujours à l'ordonnance, et malgré la bedaine et les joues rubicondes, essayant de lutter contre l'empâtement civil et se donnant des allures d'activité par ses gestes brusques, sa voix impérative, ses rudes moustaches neigeuses et coupées en brosse.

Et Pontaillac, viendra t il, oui ou non? demanda le major.

Il viendra, répondit Fayolle.

Jamais!... Pas de Pontaillac! intervint de la table voisine, le lieutenant Léon Darcy, brun et gentil cuirassier, également du 15e qui humait un sherry gobler, en écoutant les histoires drôles de deux horizontales assises à ses côtés.

Qu'en savez vous, Darcy? fit le capitaine.

Pontaillac est à l'Opéra, et il ne s'ennuie pas, dans une loge d'entre colonnes, avec une charmante femme.

La marquise de Montreu? interrogea Arnould Castellier.

Précisément.

Le capitaine de Fayolle alluma un cigare:

Vous êtes fou, Darcy! Notre brave Pontaillac n'a d'yeux et d'oreilles que pour la Stradowska, et il a bien raison: la grande artiste russe est un morceau de rois, je veux dire de capitaines de cuirassiers.

Pontaillac est de taille à mener deux amours! insista le lieutenant.

Trois! gronda le major Lapouge.

Comment, trois?

Vous oubliez, messieurs, la plus chère de ses maîtresses, la plus perfide et la plus dangereuse.

C'est?

La morphine.

A ce mot de «morphine», les deux femmes qui amusaient Léon Darcy s'approchèrent curieusement des joueurs, mais le major ne voulut donner aucune explication.

Bientôt, la bataille recommença, et on n'entendit plus que des voix grêles et potinières, avec le refrain des joueurs et le cliquetis des dominos, sur la table de marbre.

A vous, la pose.

J'ai le patard.

Du quatre.

Et du re quatre.

Entre les deux horizontales de haute marque, Léon Darcy luttait de propos galants pour la joie de la brune Thérèse de Roselmont et de la blonde Luce Molday, très gentilles et capiteuses, la première en rouge, la seconde en bleu, toutes deux étincelantes de diamants.

Le jeune officier et les dames parlèrent de la Stradowska dont tous les journaux affirmaient le succès de femme et d'artiste. Elle arrivait de Pétersbourg, son pays: là bas, elle venait d'ensorceler boïards et princes, de ruiner un des grands ducs, et elle possédait des trésors inestimables, en son hôtel de la Villa Saïd: telle était la légende parisienne.

Et le capitaine de Pontaillac est l'amant de cette femme? minauda Thérèse à l'oreille de Léon.

Mais oui!

Il est donc bien riche? dit Luce.

Assez... Deux cent mille livres de rentes.

Joli garçon?

Regarde, chère, conclut Darcy, en désignant l'homme qui entrait.

Ah! voilà Pontaillac! s'écrièrent Fayolle et Arnould Castellier.

Et tandis que le comte Raymond de Pontaillac serrait les mains des amis, les deux horizontales le regardèrent, prises d'une sensation inédite qui les secouait de leur torpeur de commerçantes blasées, les piquait d'un désir luxurieux, les jetait hors d'elles mêmes... Continue reading book >>




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