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Napoléon et Alexandre Ier (1/3) L'alliance russe sous le premier Empire   By: (1853-1910)

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First Page:

NAPOLÉON ET ALEXANDRE Ier

TOME PREMIER

L'auteur et les éditeurs déclarent réserver leurs droits de reproduction et de traduction en France et à l'étranger.

Ce volume a été déposé au ministère de l'intérieur (section de la librairie) en décembre 1890.

[Illustration: Napoléon 1er. d'après Parent ] [Illustration: Alexandre 1er. d'après Isabey ] Miniatures du Cabinet de Mr. le Comte de Rochechouart

E. Plon Nourrit & Cie Editeurs Imp Chardon Wittmenn Heliog Dujardin.

NAPOLÉON ET ALEXANDRE Ier

L'ALLIANCE RUSSE SOUS LE PREMIER EMPIRE

I

DE TILSIT A ERFURT

PAR

ALBERT VANDAL

Troisième Édition

[Illustration]

PARIS

LIBRAIRIE PLON E. PLON, NOURRIT ET Cie, IMPRIMEURS ÉDITEURS RUE GARANCIÈRE, 10

1893

AVANT PROPOS

Pendant toute la durée de son règne, Napoléon poursuivit au dehors un but invariable: assurer par une paix sérieuse avec l'Angleterre la fixité de son oeuvre, la grandeur française et le repos du monde. Pour atteindre ce but, le principal moyen de politique qu'il employa, à l'époque décisive de sa carrière, fut une alliance avec Alexandre Ier, empereur de Russie. Si l'accord essayé à Tilsit se fût consolidé et perpétué, il est probable que l'Angleterre eût succombé, que la France et l'Europe se fussent assises dans une forme nouvelle; la rupture avec la Russie ranima la coalition expirante, entraîna Napoléon à de mortelles entreprises et le perdit. Comment se forma l'alliance? quelles en furent les vicissitudes? comment vint elle à s'altérer et à se dissoudre? pouvait elle durer? Ces questions dominent l'histoire européenne de 1807 à 1812, entre Tilsit et Moscou: leur étude forme l'objet de notre ouvrage.

L'alliance russe n'était pas une tradition de notre politique. Au dix huitième siècle, certains monarques, certains hommes d'État en avaient eu le désir et comme le pressentiment; parfois l'entente avait paru s'opérer; mais, si la nature avait situé les deux États pour être alliés, la politique avait accumulé entre eux des intérêts discordants. Les contrées du Levant, objet des convoitises moscovites, étaient le marché privilégié de la France, et notre gouvernement se faisait un devoir d'en écarter tout compétiteur. L'introduction de la Russie sur la scène européenne dérangeait aussi le système politique du Nord et de l'Orient, tel que l'avait composé la prudence de nos rois et de nos ministres. Pour prendre à revers la maison d'Autriche, ils avaient cherché jadis des auxiliaires à Stockholm, à Varsovie, à Constantinople; la Russie, en poussant ses progrès aux dépens de la Suède, de la Pologne et de la Turquie, combattait nos alliés, et le cabinet de Versailles, sans les soutenir avec efficacité, ne sut point les sacrifier à une puissance qui eût pu nous en tenir lieu. De son côté, pour apprendre la politique, l'administration, la guerre, le gouvernement des Tsars s'était mis à l'école de l'Allemagne: subissant l'influence des instructeurs qu'il s'était choisis, il prenait son point d'appui tour à tour à Berlin et à Vienne; si la Russie policée se sentait portée vers nous par d'instinctives affinités, elle imitait nos moeurs, s'imprégnait de nos idées, aimait notre esprit sans rompre avec nos adversaires, et elle savait distinguer soigneusement ses sympathies de ses alliances... Continue reading book >>




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