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Nouvelle géographie universelle(1/19) I L'Europe meridionale (1876)   By: (1830-1905)

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First Page:

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE

LA TERRE ET LES HOMMES

PAR

ELISÉE RECLUS

I

L'EUROPE MÉRIDIONALE (GRÈCE, TURQUIE, ROUMANIE, SERBIE, ITALIE, ESPAGNE ET PORTUGAL)

CONTENANT

78 GRAVURES, 4 CARTES EN COULEURS TIRÉES A PART ET 174 CARTES INTERCALÉES DANS LE TEXTE

1876

CHAPITRE PREMIER

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

La Terre n'est qu'un point dans l'espace, une molécule astrale; mais pour les hommes qui la peuplent, cette molécule est encore sans limites, comme aux temps de nos ancêtres barbares. Elle est relativement infinie, puisqu'elle n'a pas été parcourue dans son entier et qu'il est même impossible de prévoir quand elle nous sera définitivement connue. Le géodésien, l'astronome nous ont bien révélé que notre planète ronde s'aplatit vers les deux pôles; le météorologiste, le physicien ont étudié par induction dans cette zone ignorée la marche probable des vents, des courants et des glaces; mais nul explorateur n'a vu ces extrémités de la Terre, nul ne peut dire si des mers ou des continents s'étendent au delà des grandes barrières de glace dont on n'a point encore pu forcer l'entrée. Dans la zone boréale, il est vrai, de hardis marins, l'honneur de notre race, ont graduellement rétréci l'espace mystérieux, et, de nos jours, le fragment de rondeur terrestre qui reste à découvrir dans ces parages ne dépasse pas la centième partie de la superficie du globe; mais de l'autre côté de la Terre les explorations des navigateurs laissent encore un énorme vide, d'un diamètre tel que la lune pourrait y tomber sans toucher aux régions de la planète déjà visitées.

D'ailleurs, les mers polaires, que défendent contre les entreprises de l'homme tant d'obstacles naturels, ne sont pas les seuls espaces terrestres qui aient échappé au regard des hommes de science. Chose étrange et bien faite pour nous humilier dans notre orgueil de civilisés! parmi les contrées que nous ne connaissons pas encore, il en est qui seraient parfaitement accessibles si elles n'étaient défendues que par la nature: ce sont d'autres hommes qui nous en interdisent l'approche. Nombre de peuples ayant des villes, des lois, des moeurs relativement policées, vivent isolés et inconnus comme s'ils avaient pour demeure une autre planète; la guerre et ses horreurs, les pratiques de l'esclavage, le fanatisme religieux et jusqu'à la concurrence commerciale veillent à leurs frontières et nous en barrent l'entrée. De vagues rumeurs nous apprennent seulement l'existence de ces peuples; il en est même dont nous ne savons absolument rien et sur lesquels la fable s'exerce à son gré. C'est ainsi que dans ce siècle de la vapeur, de la presse, de l'incessante et fébrile activité, le centre de l'Afrique, une partie du continent australien, l'île pourtant si belle et probablement si riche de la Nouvelle Guinée, et de vastes plateaux de l'intérieur de l'Asie sont toujours pour nous le domaine de l'inconnu. Les régions mêmes où la plupart des savants aiment à voir le berceau des Aryens, nos principaux ancêtres, n'ont encore été que très vaguement explorées.

Quant aux contrées déjà visitées par les voyageurs et figurées sur nos cartes avec un réseau d'itinéraires, on ne saurait espérer de les connaître dans le détail de leur géographie intime avant de les avoir soumises à une longue série d'études comparées. Que de temps il faudra pour rejeter les contradictions, les erreurs de toute espèce que les explorateurs mêlent à leurs descriptions et à leurs récits! Quel prodigieux labeur demandera la connaissance parfaite du climat, des eaux et des roches, des plantes et des animaux! Que d'observations classées et raisonnées pour qu'il soit possible d'indiquer les modifications lentes qui s'accomplissent dans l'aspect et les phénomènes physiques des diverses contrées! Que de précautions à prendre pour savoir constater avec certitude les changements qui s'opèrent par le jeu spontané de l'organisme terrestre, et les transformations dues à la bonne ou mauvaise gestion de l'homme! Et pourtant c'est là qu'il faut en arriver pour se hasarder à dire que l'on connaît la Terre... Continue reading book >>




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