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Parapilla, poëme en cinq chants   By: (1711-1781)

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PARAPILLA, POËME EN CINQ CHANTS, Traduit de L'ITALIEN.

A FLORENCE.

M. DCC. LXXVI.

CHANT PREMIER.

D'autres pourront chanter le Labarum, Le bouclier de l'Amant d'Egérie, Ou l'Oriflamme, ou le Palladium, Ou des Rhémois l'Ampoule si chérie, Présents sacrés, tous descendus des Cieux, Des Rois dévots merveilleuses étrennes: Je veux chanter un don plus précieux. Ce bijou ci plairoit beaucoup aux Reines; Il est céleste, unique, plein d'attraits: Mais par malheur, sur les traces d'Astrée, Il remonta là haut dans l'Empirée; Le Ciel jaloux a repris ses bienfaits.

Tendre Vénus, & vous Minerve même, Guidez mes chants, inspirez tous mes Vers; Vous m'aiderez à charmer l'univers; Et mon Héros, par sa beauté suprême, Tiendra sur lui vos yeux toujours ouverts.

Grace à ma muse, Emule de Virgile, J'ai fait l'exorde; & c'est beaucoup, dit on; Parler des Dieux, n'est pas chose facile: Or sus, ma lyre, il faut baisser d'un ton.

Jadis vivoit dans les murs de Florence Un beau Galant, d'une haute naissance, Nommé Rodric; hélas! trop généreux. Car de la Blonde allant droit à la Brune, En beaux festins, cadeaux, plaisirs & jeux, Il eut bientôt dissipé sa fortune. Que devenir en cette extrêmité? Sage il devint, grace à l'adversité. Fuyant sa honte, et cachant sa misere, L'infortuné, d'un peu d'argent comptant Qui lui restoit, achete une chaumiere, Et tout auprès un petit bout de champ. Là, tout pensif, sans valets ni servantes, Il travailloit, ayant parmi ces foins Un peu d'humeur: on en auroit à moins.

L'aurore ouvroit ses portes éclatantes, Quand tout à coup un beau jeune Garçon Vint l'aborder, & lui dit sans façon: «Holà, l'ami, dis moi ce que tu plantes?» Rodric, peu fait à ces tons élevés, Lui répondit: «c'est ce que vous savez.» Jeunes Beautés, ce ne sont pas ses termes: Il se servit de mots un peu plus fermes, Disant tout haut les choses par leur nom, Que je tairai, si vous le trouvez bon. Vous connoissez cette plante si belle; De vos beaux yeux un doux regard suffit, Un seul regard, c'est le soleil pour elle, Mais reprenons le fil de mon récit.

Lorsque Rodric, ayant martel en tête, Eut proféré ce discours malhonnête, Le beau Garçon froidement déclara: «Vous en plantez, eh bien, il en viendra.» Soudain il fuit comme une ombre légere, Et de son pied touche à peine la terre.

Rodric alors resta pétrifié, Lui qui parloit en tout temps comme un livre: Avoir ainsi manqué de savoir vivre, Brutalement avoir congédié, O Ciel! & qui?... c'est un Ange... sans doute, C'est Gabriël, de la céleste voûte Exprès pour lui descendu par pitié. Un tel soupçon n'a rien de fort étrange. Durant le cours de ses plaisirs mondains. Toujours Rodric honora ce bel Ange, Beau messager du Maître des destins. Car à Florence on brûle plus de cierges Aux Chérubins, qu'aux onze mille Vierges; Informez vous, chacun vous le dira. Mais quel remords, & quelle étourderie! Comme il gémit & se désespéra! Si de l'effet la menace est suivie, Plus de ressource; & comment se nourrir: Pauvre Rodric, tu n'as plus qu'à mourir.

L'astre du jour, durant cette élégie, De ses rayons prodiguant les bienfaits, Lançoit par tout la chaleur & la vie: Soir & matin Rodric est aux aguets. Finalement, ô douleurs! ô regrets! Le fruit fatal s'élevant sur la terre, Nouvel OEdipe, est vainqueur de sa mere. Fille qui trouve un serpent sous ses pieds En folâtrant sur la verte prairie, De plus d'effroi ne peut être saisie. Point de pécheurs qui ne soient châtiés. Rodric puni se signe, s'agenouille, De pleurs amers son visage se mouille: Ecoutez bien, mes vers sont un sermon... Continue reading book >>




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