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Mémoires du duc de Rovigo, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon, Tome 4   By: (1774-1833)

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MÉMOIRES DU DUC DE ROVIGO, POUR SERVIR À L'HISTOIRE DE L'EMPEREUR NAPOLÉON.

TOME QUATRIÈME.

PARIS,

A. BOSSANGE, RUE CASSETTE, N° 22.

MAME ET DELAUNAY VALLÉE, RUE GUÉNÉGAUD, N° 25.

1828.

CHAPITRE PREMIER.

Nouvelles de Portugal. Concessions réciproques. L'empereur Napoléon m'offre l'ambassade de Russie. Fin des conférences d'Erfurth. Adieux des deux souverains. Le comte de Romanzow. Conversation avec ce seigneur. Réponse négative de l'Angleterre aux ouvertures pacifiques convenues à Erfurth. Confiance de l'empereur dans son traité d'alliance avec la Russie.

C'est pendant le séjour d'Erfurth que l'empereur reçut du général Junot le rapport de ce qui était survenu en Portugal. Il lui envoyait le traité qu'il avait conclu avec le général anglais Darlrymple pour l'évacuation du Portugal.

Par le même courrier, l'empereur reçut des nouvelles de la flotte russe, commandée par l'amiral Siniavine, que le général Junot avait trouvé à Lisbonne. Cet amiral venait de son côté d'entrer en arrangement avec les Anglais et avait consenti à mettre son escadre en otage en Angleterre, jusqu'à la paix entre cette puissance et la Russie. L'empereur Napoléon communiqua ces détails à l'empereur Alexandre, sans y ajouter aucune réflexion, et l'empereur de Russie, de son côté, désapprouva la conduite de son amiral; mais c'était un mal sans remède.

Les conférences d'Erfurth tiraient à leur fin sans avoir présenté le moindre sujet d'inquiétude. Je me rappelle que notre ministre des relations extérieures, me dit un jour en conversant, que l'empereur n'obtiendrait rien de plus que ce qui avait été convenu précédemment; que la Russie était fixée sur ces bases là et n'en démordrait pas; il ne m'en a pas dit davantage. J'ai cherché à quoi cela pouvait avoir rapport, et je crois que ce ne pouvait être qu'à des propositions d'arrangemens nouveaux dont la Prusse, et particulièrement la Silésie, auraient été le sujet; je le crois d'autant plus que nous évacuâmes de suite cette province, et que ce n'est réellement qu'alors que le traité de Tilsit reçut sa pleine exécution. L'empereur se relâcha même un peu sur l'article des contributions, et j'ai vu l'empereur de Russie en être particulièrement satisfait. Il avait obtenu tout ce qu'il désirait, et avait de même reconnu tout ce qui intéressait l'empereur Napoléon.

L'empereur de Russie envoya un ministre près du roi de Naples; il donna ordre à celui qu'il avait eu près du roi Charles IV en Espagne, de reprendre ses fonctions près du roi Joseph. Voilà donc également l'empereur Napoléon satisfait, c'était à lui, après cela, à mettre son frère sur le trône, il allait s'en occuper et y employer tous les moyens de sa puissance. Il abandonna donc l'Allemagne à la foi des traités qu'il avait signés, et crut que la paix ne pouvait être troublée, puisqu'on regardait sa présence, c'est à dire, celle de ses troupes en ce pays comme un motif d'inquiétude continuelle, et qu'il les retirait pour les porter en Espagne.

Tout étant fini à Erfurth, on se disposa à se séparer, et auparavant l'on résolut de faire encore une démarche en commun près de l'Angleterre, pour tâcher de nouer seulement une négociation. Il fut convenu que le comte de Romanzow, ministre des relations extérieures de Russie, se rendrait à Paris avec des pleins pouvoirs, pour donner suite, en ce qui concernait la Russie, à la réponse que l'on devait attendre du gouvernement anglais.

La veille du jour où l'empereur Alexandre quitta Erfurth, l'empereur me fit appeler la nuit; il était couché et voulait me faire causer comme cela lui arrivait quelquefois. Il me parla d'abord de tout autre chose que de ce qu'il voulait me dire, puis me demanda si je retournerais volontiers en Russie. «Non, Sire, lui dis je, parce que c'est un climat effroyable, et ensuite parce que si j'y retournais sur le pied de faveur où j'y ai vécu six mois, j'y ferais mal vos affaires, pour lesquelles il faut ne rien perdre des avantages que donne la gravité du caractère ministériel... Continue reading book >>


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